Au Soudan, un nouveau cap vient d’être franchi dans la crise politique et militaire qui divise le pays depuis deux ans. Le général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, chef des Forces de soutien rapide (FSR), a été officiellement investi à la tête d’un gouvernement parallèle ce samedi 30 août.
La cérémonie s’est tenue à Nyala, capitale du Darfour du Sud, bastion des paramilitaires. Hemedti y a prêté serment devant un juge, devenant ainsi président d’un « conseil présidentiel » mis en place par son camp. Cette investiture symbolise la volonté des FSR de donner une légitimité institutionnelle à leur lutte contre l’armée régulière.
Un gouvernement parallèle déjà annoncé
Le mois dernier, les paramilitaires avaient annoncé la création d’un exécutif alternatif en s’alliant avec un groupe armé actif au Kordofan. Ce dispositif comprend un Premier ministre civil et quinze membres au sein du conseil présidentiel. Pour leurs partisans, cette structure doit permettre aux FSR de peser politiquement autant que les Forces armées soudanaises dans l’éventualité de futures négociations.
Le camp al-Burhan maintient son autorité
En parallèle, le gouvernement dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan, reconnu par les Nations unies et soutenu par la communauté internationale, poursuit ses activités depuis Port-Soudan. Son Premier ministre, Kamil Idris, a récemment annoncé vouloir réinstaller son cabinet à Khartoum dès la réouverture de l’aéroport prévue en octobre.
Un pays au bord de la partition
Avec deux gouvernements rivaux, deux armées et deux capitales, le Soudan s’enfonce dans une crise qui rapproche chaque jour davantage le pays d’une partition de facto. Les perspectives de dialogue semblent minces, malgré la pression des médiateurs régionaux et internationaux qui craignent une déstabilisation durable du pays et de la région.

