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dimanche, mars 15, 2026

Gabon : deux ans après le coup d’État, la « fête de la libération » divise

Entre célébration officielle et critiques de l’opposition

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

Ce samedi 30 août, le Gabon a commémoré la deuxième édition de la « fête nationale de la libération », instaurée en souvenir du coup d’État militaire du 30 août 2023. La date est désormais fériée, chômée et payée. Elle marque la fin des 56 années de règne des Bongo père et fils, et l’avènement du général Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel président de la Transition.

À Tchibanga, dans le sud du pays, une parade militaire de grande envergure a été organisée sous sa présidence. « Le pays est en chantier. Il souffle au Gabon un vent de liberté », a déclaré la ministre porte-parole du gouvernement, Laurence Ndong, saluant les avancées réalisées depuis deux ans.

Le chef de l’État s’est lui-même présenté comme un « bâtisseur », mettant en avant les infrastructures en cours : routes, cités administratives, logements sociaux. Selon le gouvernement, le bilan est positif : restauration de la crédibilité de la fonction présidentielle, organisation d’une élection sans violences, adoption d’une nouvelle Constitution par référendum, relance économique avec un regain dans la production pétrolière, et lancement d’une compagnie aérienne nationale.

Une opposition critique

De son côté, l’opposition reste sceptique. Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre et arrivé deuxième à la dernière présidentielle, estime que « deux ans après son coup d’État, le système qu’il avait prétendu renverser est en place. Seuls Ali Bongo et sa famille ont disparu de la scène ». Selon lui, la promesse de restaurer les institutions n’a pas été tenue : « il y a donc un échec au plan politique, institutionnel, économique et social ».

Un pays en transition

Entre célébration populaire et contestation politique, cette « fête de la libération » souligne la fracture persistante autour du régime militaire. Alors que le gouvernement vante une nouvelle dynamique de réformes et de développement, l’opposition dénonce un statu quo déguisé.

L’avenir de la transition gabonaise reste donc scruté, dans un pays qui cherche encore à concilier héritage militaire et aspirations démocratiques.

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