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lundi, février 16, 2026

Karim Wade, l’exilé est-il toujours le « candidat du peuple » ?

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Homme politique sénégalais, fils de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade (fondateur du PDS), l’ancien ministre d’État, de la Coopération et des Transports, en exil depuis 2016 au Qatar fait les choux gras de la presse depuis 10 ans. Les causes ? Sa condamnation pour enrichissement illicite le 23 mars 2015, à six années de prison ferme, une confiscation de ses biens et 138 milliards de Franc CFA d’amende ; puis, l’élection présidentielle de 2019 et celle de février de 2024 à venir. Karim Wade a été gracié par le président Macky Sall en juin 2016. À moins d’un an de l’élection présidentielle, Karim Wade aspire-t-il à prendre sa revanche politique ? Éléments de réponse.

Sans amnistie ou révision de son procès, les chances de Karim Wade d’être candidat à la présidentielle, qui se jouera dans moins d’un an semblent compromises. Karim Wade est toujours privé de ses droits civiques et malgré l’envie, ne peut pas se porter candidat à l’élection présidentielle de 2024. D’ailleurs, excepté les militants du Parti démocratique sénégalais (PDS), dont une minorité regrettent l’ère Abdoulaye Wade ; quel pourcentage de Sénégalais seraient encore prêt à voter pour lui ? Karim Wade, après sept ans d’exil, est-il toujours connecté aux réalités de son pays ? Quel est le poids véritable de la plateforme Wallu (comprendre « venir en aide » en Wolof) sans Yewwi ?

« J’appelle la jeunesse à être le fer de lance du développement, de la modernisation et de la transformation de notre pays. Je l’exhorte à agir pour construire le Sénégal que nous voulons pour nos enfants. »

Message de Karim Wade – juillet 2022

Si la candidature de Karim Wade venait à être confirmée, il comptera avec force sur le soutien de la jeunesse sénégalaise pour s’assurer un score raisonnable, mais cette jeunesse ne préfère t-elle pas aujourd’hui miser sur un autre leader de l’opposition, à savoir, Ousmane Sonko ?

En juillet 2022, via un communiqué rédigé depuis Doha, lieu de son exil forcé, il accusait le pouvoir en place de confisquer la démocratie et de porter atteinte quotidiennement à l’État de droit depuis 2012. Là, il félicitait l’opposition qui pour la première fois dans l’histoire du Sénégal eut contraint un président en exercice à se retrouver sans majorité à l’Assemblée Nationale. Depuis, le tissu de la coalition semble s’effilocher. En effet, aucun des leaders de l’opposition entre Khalifa Sall, Ousmane Sonko et Karim Wade n’arrive à mettre son égo de côté pour choisir celui qui fera face à Benni Bokk Yakaar (BBY). Ils ont en revanche tous pour point commun d’être au coeur de feuilleton judiciaire, et pour Karim Wade et Khalifa Sall d’avoir passé de nombreux jours à la prison de Rebeuss. Karim Wade y était prisonnier dès le 17 avril 2013. Il y aura passé six mois.

15  avril 2013 : Karim Wade interpellé par les gendarmes et placé en garde à vue. Il est inculpé puis incarcéré à Dakar.

Récemment, et comme il l’avait fait en 2019, sans pour autant revenir dans son pays, Karim Wade a envoyé une vingtaine de voitures pour préparer une potentiel campagne. Et après ? La population attend une déclaration officielle et surtout une amnistie.

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