Depuis la fin juin, les Togolais font face à des perturbations continues de leur connexion Internet. Ce ralentissement ciblé, qui touche principalement les réseaux sociaux comme Facebook et TikTok, intervient dans un contexte de mobilisation contre le pouvoir de Faure Gnassingbé. Deux mois après les premiers appels à manifester, la situation perdure et inquiète autant la société civile que les acteurs économiques.
« Dans l’histoire récente du Togo, jamais les restrictions n’avaient duré aussi longtemps », observe Emmanuel Agbenonwossi, président de la section togolaise de l’Internet Society. L’association a multiplié les tests et mesures au cours des dernières semaines, confirmant l’impossibilité d’accéder aux plateformes les plus populaires sans recourir à un VPN. « Les restrictions visent surtout les applications utilisées massivement par les jeunes qui appellent à manifester », précise-t-il.
Mais au-delà de l’enjeu politique, ce sont les commerçants et entrepreneurs qui paient le prix fort. Emmanuel Sogadji, président de la Ligue des consommateurs du Togo, alerte : « Aujourd’hui, la plupart des gens vendent à travers TikTok ou Facebook. Quand l’accès à ces réseaux devient difficile, ils n’y parviennent plus. Résultat : les plaintes auprès des opérateurs se multiplient, car il devient impossible de rentabiliser sa production. »
Dans un pays où le commerce informel et les petites activités représentent une large part de l’économie, l’accès fluide à Internet s’impose comme une nécessité vitale. « Internet n’est plus un luxe, mais un outil indispensable de toute activité économique », insiste M. Sogadji.
Alors que de nouveaux appels à manifester circulent déjà pour les prochains jours, les restrictions pourraient se prolonger, au risque d’accentuer encore le malaise social. Pour nombre de Togolais, l’étau numérique s’ajoute désormais aux tensions politiques, créant un climat de frustration et d’incertitude quant à l’avenir immédiat du pays.


