En République démocratique du Congo, l’État a récupéré plus de 31 000 kilomètres carrés de territoires miniers à l’issue d’une large opération d’assainissement du fichier cadastral. Cette initiative, pilotée par le Cadastre minier (CAMI), vise à actualiser, sécuriser et valoriser le domaine minier national, dans un pays où à peine 20 % du territoire est aujourd’hui réellement exploré.
Transmis récemment au ministère des Mines, le rapport du CAMI sera officiellement présenté le 7 août. Il met en lumière une volonté politique de reprendre la main sur un secteur stratégique, souvent marqué par des irrégularités, des permis inactifs ou inexploités, y compris au sein d’entités publiques.
Dans cette dynamique, un appel d’offres a été lancé le 11 juillet pour l’acquisition de drones. Objectif : affiner la cartographie et améliorer la délimitation des sites miniers. Les entreprises intéressées ont jusqu’au 11 août 2025 pour déposer leurs propositions.
Cette opération de reprise en main intervient dans un contexte de repositionnement géostratégique. Alors que les grandes puissances intensifient leur quête de minerais critiques, les autorités congolaises souhaitent renforcer leur souveraineté sur les ressources du sous-sol, tout en contribuant aux efforts de stabilisation dans l’est du pays.
C’est dans cette optique qu’un protocole d’accord a été signé entre le Cadastre minier, le Service géologique national du Congo et la société américaine KoBold Metals. Cette dernière, soutenue par l’administration américaine, s’engage à numériser les archives géoscientifiques congolaises.
Parmi les sites d’intérêt stratégique : le plus grand gisement congolais de lithium de roche dure, encore inexploité, ainsi que les réserves de coltan de Rubaya, exploitées à ce jour de manière artisanale. Ces richesses attisent les convoitises et pourraient jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale, à condition d’être gérées de façon transparente et durable.

