En République centrafricaine, les élections locales attendues depuis des décennies devront encore patienter. Initialement prévues pour le 31 août 2024, elles ne se tiendront finalement qu’en décembre 2025, en même temps que l’élection présidentielle et les législatives. La décision a été annoncée ce vendredi par le Premier ministre Félix Moloua, lors d’une réunion du comité stratégique d’appui au processus électoral, en présence des partenaires internationaux et des bailleurs.
Selon le chef du gouvernement, ce nouveau calendrier résulte de retards dans le financement, mais aussi de défis techniques et organisationnels persistants. « Nous n’avons pas pu convoquer le corps électoral comme prévu en juin. Face à cette situation, la seule option réaliste reste de coupler les scrutins pour optimiser les moyens et les efforts », a-t-il déclaré. Il appelle à une réorganisation complète du dispositif électoral, ainsi qu’à un renforcement des capacités de l’Autorité nationale des élections (ANE).
Mais cette annonce suscite déjà de vives réactions dans les rangs de l’opposition. Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) dénonce l’incapacité de l’ANE à garantir des élections crédibles et exige une refonte de l’institution. Son porte-parole, Martin Ziguélé, plaide pour une sortie de crise politique par le dialogue : « Il faut un cadre de concertation avec le président Faustin-Archange Touadéra pour reconstruire un processus électoral inclusif, transparent et légitime. »
Ce nouveau report prolonge une anomalie démocratique : depuis plus de 40 ans, aucun scrutin local n’a été organisé dans le pays. Dans un contexte de tensions politiques persistantes et d’instabilité institutionnelle, la tenue d’élections libres et équitables reste un défi majeur pour la Centrafrique, à la veille d’une année électorale cruciale.

