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samedi, janvier 17, 2026

Trump réunit cinq dirigeants africains autour des enjeux miniers et énergétiques

À la Maison Blanche, les chefs d’État du Sénégal, de Mauritanie, du Liberia, de Guinée-Bissau et du Gabon ont vanté les ressources naturelles de leurs pays. Washington cherche à renforcer sa position face à Pékin et Moscou

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Isaga Anne
Isaga Anne
Journaliste Reporter d'Images

À l’invitation de Donald Trump, cinq présidents africains se sont retrouvés à Washington ce mercredi 9 juillet pour un échange présenté comme un sommet économique informel. Le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée-Bissau, le Gabon et le Liberia étaient représentés par leurs chefs d’État respectifs, conviés à un déjeuner à la Maison Blanche centré sur le commerce, la sécurité, et surtout les partenariats dans le secteur des ressources naturelles.

Dès l’introduction, le président américain a laissé peu de doute sur les objectifs de la rencontre. Louant le dynamisme et les richesses souterraines des cinq pays invités, il a souligné leur potentiel stratégique en matière de minerais, de pétrole et de terres rares. Pour Donald Trump, l’Afrique constitue l’une des dernières grandes frontières économiques du monde, et les États-Unis doivent s’y impliquer davantage.

Ce positionnement s’inscrit dans une approche pragmatique assumée par l’administration Trump : privilégier les relations bilatérales fondées sur l’investissement direct plutôt que sur l’aide publique au développement. Une ligne déjà mise en œuvre dans d’autres dossiers internationaux, comme les négociations entre Kigali et Kinshasa ou les échanges avec Kiev. Dans ce cadre, les sous-sols africains, riches en éléments critiques pour l’industrie mondiale, deviennent un levier géopolitique central.

Chaque dirigeant africain a pris la parole pour mettre en valeur les atouts de son pays. Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani a évoqué les gisements d’uranium, de manganèse et les indices prometteurs de lithium. Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, a insisté sur la stabilité politique de son pays, ses réformes économiques et l’émergence d’un secteur énergétique prometteur, avec d’importantes réserves de gaz et de pétrole. Il a également glissé une invitation inattendue en proposant au milliardaire américain de soutenir un projet de golf au Sénégal.

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a quant à lui défendu une vision souveraine de l’exploitation des ressources naturelles, appelant à des partenariats équilibrés. Il a rappelé que le Gabon figure parmi les plus grands producteurs mondiaux de manganèse, un métal clé dans la fabrication des batteries. Avec seulement deux millions d’habitants, son pays ambitionne de devenir un hub énergétique et minier en Afrique centrale.

Aucune annonce officielle n’a été faite à l’issue de la rencontre, mais les signaux sont clairs. L’administration Trump entend désormais miser sur des investissements privés ciblés, dans une logique de retour sur investissement. En toile de fond, la volonté américaine de ne pas laisser le monopole du terrain africain à la Chine, dont la présence industrielle, minière et diplomatique s’est renforcée ces dix dernières années.

Washington opère donc un virage stratégique, misant sur les ressources critiques africaines pour ses chaînes d’approvisionnement tout en cherchant à consolider son influence sur un continent devenu un enjeu central de la rivalité sino-américaine.

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