À moins de trois mois de l’élection présidentielle, le flou demeure autour de la candidature du président sortant. Deux figures du pouvoir se contredisent publiquement, révélant des tensions au sommet de l’État.
Au Cameroun, la campagne présidentielle s’annonce sous tension. Plus d’une vingtaine de candidatures ont déjà été annoncées, réunissant les principaux opposants au régime et de nouvelles figures issues de la société civile. Mais du côté du pouvoir, une question capitale reste sans réponse : Paul Biya, 91 ans, sera-t-il de nouveau candidat ?
L’incertitude prend une tournure singulière. Tandis que le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, évoquait récemment une probabilité de « 50/50 » quant à une nouvelle candidature du chef de l’État, une autre voix autorisée du sérail a aussitôt réagi pour rectifier le tir. Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et ministre d’État à l’Enseignement supérieur, a affirmé que la candidature de Paul Biya était une évidence, « absolue » selon ses mots.
Une mise au point révélatrice
Cette prise de parole, largement relayée dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux, apparaît comme une tentative de mettre fin au doute semé par les propos ambigus de son collègue. « Paul Biya est le candidat du RDPC, et de manière absolue », a martelé Jacques Fame Ndongo, sans toutefois préciser comment et quand cette annonce officielle interviendrait.
Congrès extraordinaire ? Déclaration du comité central ? Communiqué ? Le silence du président, qui règne depuis des mois sur cette question cruciale, continue d’alimenter toutes les spéculations. Selon le ministre d’État, l’annonce devrait intervenir « bientôt », mais sans davantage de détails.
Alors que le pays s’apprête à vivre une nouvelle séquence électorale, ces contradictions publiques entre membres influents du gouvernement laissent entrevoir des tensions internes et un manque de clarté sur la stratégie du pouvoir. En attendant un signal clair de Paul Biya lui-même, les interrogations persistent.

