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samedi, janvier 17, 2026

Burkina Faso : Ibrahim Traoré exhorte ses troupes à la vigilance et au patriotisme

Le président de la transition burkinabè en visite au camp Thomas Sankara lance un appel à la discipline et à l’unité face aux menaces sécuritaires.

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Le capitaine Ibrahim Traoré s’est rendu dimanche sur le terrain pour une visite hautement symbolique. Le président de la transition a choisi le camp Thomas Sankara, siège du Centre national d’entraînement Commando, à Pô, pour adresser un message fort aux forces armées du Centre-Sud, dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques jihadistes.

C’est devant de jeunes élèves-officiers que le chef de l’État a livré sa première grande déclaration aux forces depuis les assauts meurtriers sur les communes de Djibo, Diapaga, Sollé et d’autres localités, survenus il y a un mois. Dans un discours improvisé d’une quinzaine de minutes, Ibrahim Traoré a défendu le bilan de la transition, qu’il juge à la fois « positif » et « souverainiste », tout en rappelant la nature défensive de l’engagement militaire en cours.

« Nous ne nous battons pas par goût de la guerre, mais parce que nous avons été agressés. Et pourquoi cette guerre nous est-elle imposée ? Parce qu’on veut nos terres sans nous », a-t-il lancé, déterminé.

Derrière ce « on » resté volontairement vague, le capitaine Traoré dénonce une main étrangère, évoquant le spectre du néocolonialisme et « des apatrides de l’extérieur », accusés de nourrir l’instabilité dans le pays. Il en appelle à la résilience et au patriotisme de l’armée, saluant la bravoure des soldats tout en pointant des comportements à corriger.

Un avertissement clair a notamment été adressé à l’usage des téléphones portables en zone de combat, que le président juge dangereux pour la sécurité opérationnelle :

« Vous êtes valeureux, mais certaines attitudes entraînent des pertes évitables. Ceux qui refusent de lâcher leur téléphone en mission : doit-on vraiment les garder dans nos rangs ? »

Le chef suprême des armées affirme que cette imprudence facilite certaines offensives ennemies, selon les aveux même de prisonniers capturés sur le terrain.

« Qu’il s’agisse de terroristes capturés ou d’interrogatoires judiciaires, tous reconnaissent que certaines attaques réussissent grâce à l’usage excessif du téléphone par nos soldats », a-t-il insisté.

Sans mentionner explicitement les récentes attaques attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à al-Qaïda, le président de la transition a réaffirmé avec force son refus de tout compromis avec les groupes armés.

« Le Burkinabè ne négociera pas avec ceux qui l’attaquent. Nous nous battrons, et nous vaincrons. Nous ne céderons rien. Absolument rien », a-t-il conclu sous les applaudissements.

Pour conclure son allocution, le capitaine Ibrahim Traoré a exhorté ses hommes à incarner l’exemplarité au-delà du champ de bataille, en se faisant les ambassadeurs de la paix et de la cohésion nationale auprès des populations civiles.

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