L’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba, renversé lors du coup d’État militaire d’août 2023, a été libéré avec sa famille et a atterri à Luanda, en Angola, ce vendredi 16 mai. L’information a été confirmée par la présidence angolaise, qui a diffusé des images de l’arrivée du clan Bongo sur les réseaux sociaux. Sur les clichés, Ali Bongo apparaît souriant, appuyé sur sa canne, descendant d’un avion officiel.
Cette libération intervient cinq jours après la sortie de prison de son épouse Sylvia Bongo Ondimba et de leur fils Noureddin, après plus de 19 mois de captivité à Libreville. Le transfert de la famille vers Luanda marque un tournant dans cette affaire qui avait débuté avec leur arrestation consécutive à la prise de pouvoir du général Brice Clotaire Oligui Nguema.
Selon la présidence angolaise, cette mesure humanitaire est le fruit d’une médiation menée par João Lourenço, président de l’Angola et actuel président en exercice de l’Union africaine. Lourenço s’était rendu à Libreville le 12 mai pour sceller une réconciliation avec le président de la transition gabonaise, et avait profité de sa visite pour rencontrer Ali Bongo dans sa résidence du quartier de la Sablière, où il était jusqu’alors retenu.
À leur arrivée en Angola, une déclaration du procureur de la République gabonaise a confirmé que Sylvia et Noureddin Bongo bénéficient d’une liberté provisoire dans l’attente de leur procès. Cette libération serait motivée par des raisons de santé, leur état étant jugé « incompatible avec la détention », selon le rapport de leur médecin traitant.
Le procureur a précisé que cette mesure ne met pas fin aux poursuites judiciaires. Le juge d’instruction aurait clôturé le dossier depuis le 28 avril, et la procédure suit son cours. Une date de procès reste à fixer. Les accusés devraient comparaître en personne ou être représentés par leurs avocats.
Accusés de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent, Sylvia et Noureddin Bongo font face à de lourdes charges. Leur placement en résidence surveillée la semaine dernière avait déjà alimenté les rumeurs d’un départ imminent vers l’exil. Aucune communication officielle n’avait alors confirmé ce changement de statut.
Durant la période de transition, les avocats de la famille Bongo avaient dénoncé des conditions de détention dégradantes et demandé sans succès leur évacuation médicale. Le nouveau contexte diplomatique et l’implication directe du président angolais semblent avoir ouvert la voie à ce dénouement provisoire.


