Malgré la poursuite des combats dans la région des Kivu et une crise humanitaire qui déplace des centaines de milliers de personnes, la pression diplomatique sur le Rwanda s’intensifie. L’ambassadeur rwandais à Bruxelles a été convoqué par les services de la cheffe de la diplomatie européenne, marquant ainsi la première manifestation d’une unité européenne sur le conflit en République démocratique du Congo.
À l’ONU, le Conseil de sécurité a adopté une résolution appelant le Rwanda à retirer immédiatement ses troupes du territoire congolais. Le texte, rédigé par la France et adopté à l’unanimité le 21 février, condamne fermement l’offensive des rebelles dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu et demande à Kigali de cesser tout soutien militaire aux groupes armés, notamment au M23. Parallèlement, la résolution critique le soutien apporté par l’armée congolaise à certains groupes armés spécifiques, notamment les FDLR, et appelle à la reprise d’un dialogue pour instaurer une paix durable dans la région.
À Bruxelles, des sanctions individuelles sont en cours de préparation par plusieurs ambassades des 27 pays de l’Union européenne, notamment celles de la France et de la Belgique. Ces mesures, ainsi que l’éventuelle suspension du dialogue politique et de sécurité, pourraient inclure des restrictions concernant l’accord UE-Rwanda sur les matières premières. La conjonction de la convocation de l’ambassadeur à Bruxelles et d’une démarche similaire en Allemagne traduit désormais une posture commune au sein de l’UE, alors que la proposition initiale de sanctions avait suscité des réticences.
Cette double pression, tant sur la scène européenne qu’internationale, témoigne d’une volonté renforcée de condamner les violations de l’intégrité territoriale de la RDC et d’exiger le retrait des forces étrangères présentes sur son sol.


