Une avancée majeure pour la reconnaissance des injustices historiques subies par l’Afrique. Lors de la 38e Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine (UA), une décision historique a été adoptée, à l’initiative du Togo, sous le leadership du président Faure Essozimna Gnassingbé. Cette décision qualifie l’esclavage, la déportation et la colonisation comme des crimes contre l’humanité et un génocide contre les peuples d’Afrique.
Une victoire historique pour la justice africaine
Ce tournant majeur marque une étape essentielle dans la reconnaissance des souffrances endurées par les peuples africains et les personnes d’ascendance africaine. L’initiative togolaise, soutenue par l’ensemble des États membres de l’UA, répond aux attentes pressantes des Afro-descendants et des organisations de la diaspora, qui militent depuis des décennies pour la reconnaissance et la réparation des crimes commis durant des siècles.
Pour le président togolais, cette décision est un signal fort envoyé à la communauté internationale : « L’Afrique se donne les moyens de définir son propre narratif, de reconnaître ses souffrances et d’exiger justice. Il est temps que les injustices du passé soient pleinement reconnues et réparées ».
Une reconnaissance essentielle pour l’histoire africaine
Pendant plus de cinq siècles, l’Afrique et ses peuples ont subi des atrocités d’une ampleur incommensurable, notamment la traite transatlantique, la colonisation et les exploitations systématiques. Ces actes criminels, longtemps minimisés, trouvent aujourd’hui une reconnaissance officielle à l’UA, ouvrant la voie à une meilleure prise de conscience collective et à un travail de mémoire essentiel pour les générations futures.
Cette décision réaffirme la volonté de l’Afrique de reprendre le contrôle de son histoire et d’engager des discussions sur les réparations et la restitution des biens culturels spoliés. Elle vise également à lutter contre la persistance de narratifs coloniaux justifiant, de manière détourneée, ces crimes.
Un engagement fort du Togo pour la mise en œuvre
Avec cette reconnaissance, l’UA appelle les États membres, les organisations régionales et la société civile à mettre en place des initiatives pour sensibiliser les nouvelles générations à ces crimes occultés par l’Histoire. Le Togo, mandaté pour assurer le suivi de cette décision, s’engage à travailler en étroite collaboration avec la Commission de l’UA, les gouvernements africains, ainsi que les organisations de la diaspora et internationales.
Cette décision s’inscrit pleinement dans le thème 2025 de l’UA : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations », et prépare le terrain pour le 9e Congrès panafricain, qui se tiendra à Lomé en 2025.
Un message fort à la communauté internationale
Par cette initiative, l’Afrique prend le leadership sur la question des réparations et de la restitution des biens culturels. Elle affirme son désir de ne plus subir les termes du débat, mais de les imposer. La reconnaissance de ces crimes comme génocide vient donner plus de poids aux revendications africaines et met fin aux discours tendant à relativiser ces atrocités historiques.
Avec cette victoire diplomatique, le Togo et l’ensemble des nations africaines ouvrent une nouvelle page de l’histoire, où justice et mémoire se conjuguent pour un avenir plus juste et équitable pour les générations futures.


