Le long métrage de la réalisatrice burkinabè a fait salle comble. Des centaines de personnes sont retournées chez elles sans avoir vu le film lors de sa première projection à cette 28e édition du Fespaco, le plus grand festival de cinéma en Afrique francophone. « Sira », d’Apolline Traoré, est le seul film burkinabè en lice pour l’Étalon d’or de Yennenga.
Le film Sira raconte l’histoire d’une « jeune fille peule, violée et abandonnée dans le désert » par un chef terroriste. Elle décide alors de tout donner pour se venger en déjouant les plans des terroristes.
Pour quelques milliers de cinéphiles qui ont eu la chance de voir pour la première fois ce film, la réalisatrice Apolline Traoré va à la conquête du plus grand prix du Fespaco.
Les Burkinabés espèrent que pour la première fois dans l’histoire du Fespaco, une femme remportera l’Étalon d’or de Yennenga.
L’art comme mode d’expression
Présente à cette première projection, la réalisatrice Apolline Traoré, née en 1976 à Ouagadougou, souligne que ce film est sa contribution à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.
« Je vis dans un pays qui se bat contre le terrorisme depuis très longtemps, affirme Apolline Traoré. Je n’ai que mon art pour m’exprimer. C’est ma manière de participer dans cette lutte contre le terrorisme, en m’exprimant à travers mon art. Évidemment, je suis sous pression. Je suis extrêmement sous pression, parce que je sens que le peuple veut cet Étalon. Cela passe même au-delà de ma personne. »


