Au Niger, Seyni Amadou, rédacteur en chef de la chaîne privée Canal 3, est toujours en garde à vue. Il a été arrêté samedi 18 janvier et reste détenu à la police judiciaire. Cette interpellation fait suite à la décision des autorités de suspendre Canal 3 pour un mois, après la diffusion d’un baromètre évaluant les performances des ministres du gouvernement.
Ce baromètre, exercice habituel de la chaîne renouvelé chaque année, classe les membres du gouvernement en fonction de leurs performances. Cependant, cette édition a conduit à une réponse inhabituelle et stricte du ministère de la Communication, qui a jugé cette initiative inappropriée.
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, ce baromètre constitue un outil journalistique légitime. Il vise à analyser les performances des ministres sur la base de leurs actions et à favoriser la redevabilité envers le public. Ils estiment qu’interdire une telle pratique équivaut à restreindre le droit des médias d’exercer un regard critique sur les responsables publics.
La suspension de Canal 3 et l’interrogatoire prolongé de son rédacteur en chef soulèvent des préoccupations concernant la liberté d’expression et le rôle des médias dans l’évaluation des politiques publiques au Niger.


