Arrivé en rade extérieure d’Abidjan le 30 décembre, le Zimrida, un cargo sous pavillon de la Barbade, transporte 20 000 tonnes de nitrate d’ammonium, une substance dangereuse utilisée principalement comme fertilisant agricole. Parmi cette cargaison, 3 000 tonnes étaient destinées à être déchargées en Côte d’Ivoire. Cependant, en raison d’une possible avarie signalée dans la cargaison, le navire de 180 mètres de long et 30 mètres de large demeure immobilisé à 22 kilomètres au large, alors qu’il était initialement prévu qu’il accoste au port d’Abidjan le 6 janvier.
Les autorités portuaires ivoiriennes ont ordonné au cargo de rester en dehors des eaux territoriales en attendant une décision finale. Une réunion d’urgence avec le propriétaire de la marchandise et le transporteur est prévue lundi matin pour examiner la situation en détail, selon un communiqué officiel.
Une cargaison inquiétante
L’importance de la cargaison du Zimrida alimente les inquiétudes à Abidjan. Le volume de nitrate d’ammonium à bord, sept fois supérieur à celui impliqué dans l’explosion du port de Beyrouth en 2020, ravive les peurs. La tragédie libanaise, qui avait causé la mort de plus de 200 personnes et blessé 6 500 autres, reste un souvenir marquant.
Un danger bien connu
Bien que couramment utilisé comme engrais, le nitrate d’ammonium peut devenir extrêmement dangereux s’il est mal manipulé ou en cas de dégradation. « Lorsqu’il est avarié, il devient instable, ce qui peut entraîner un embrasement rapide. Cela libère des gaz toxiques et des particules fines, présentant un risque majeur pour la santé publique », souligne les experts en environnement.
Le spectre du Probo Koala
L’affaire du Zimrida réveille également les traumatismes liés à l’épisode du Probo Koala en 2006. Ce cargo affrété par Trafigura avait déversé plus de 500 m³ de déchets toxiques à Abidjan, provoquant une catastrophe environnementale et sanitaire. Ces déchets, manipulés par un sous-traitant ivoirien, avaient été sauvagement déversés dans plusieurs sites autour de la ville, causant la mort d’au moins 17 personnes et l’intoxication de dizaines de milliers d’autres.
Face à ce lourd héritage, les autorités ivoiriennes se montrent particulièrement vigilantes quant au sort du Zimrida, craignant un nouvel épisode aux conséquences dramatiques.