Alors que l’année 2025 commence, la situation au Soudan reste alarmante. Les appels à un cessez-le-feu se multiplient de la part des dirigeants internationaux, de l’ONU et des organisations humanitaires. Cependant, la guerre, qui oppose depuis avril 2023 l’armée nationale dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, ne montre aucun signe d’apaisement.
Lors de la cérémonie du 69e anniversaire de l’indépendance du Soudan le 1er janvier 2025, le général al-Burhan a fermement exclu toute négociation avec les FSR, accusant ces derniers de perpétrer des actes criminels. Pendant ce temps, les combats s’intensifient dans trois régions stratégiques :
- Khartoum et sa périphérie : La capitale, divisée en zones de contrôle opposées, est le théâtre de violents affrontements.
- Le sud agricole : Dans les états de Sennar et d’al-Jazirah, des villages ont été incendiés, souvent attribués aux FSR.
- Darfour Nord : La ville d’el-Fasher, dernier bastion de l’armée dans cette région, est assiégée par les paramilitaires depuis huit mois.
Un tableau humanitaire désastreux
Le conflit a plongé le Soudan dans une crise humanitaire sans précédent. Plus de 8,7 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, et 3,2 millions ont fui vers les États voisins, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Parmi ces derniers, 1,2 million ont trouvé refuge en Égypte, 900 000 au Soudan du Sud et 720 000 au Tchad.
La famine menace directement plusieurs régions. Les camps de réfugiés du Darfour Nord, les Monts Nuba et certaines zones du sud sont les plus touchés. L’ONU estime que 630 000 personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë.
Des efforts humanitaires insuffisants
Malgré une conférence des donateurs organisée par la France en avril 2024, qui a permis de mobiliser 2 milliards d’euros, les besoins restent estimés à 3,8 milliards d’euros pour couvrir l’ensemble des urgences. L’acheminement de l’aide est compliqué par l’insécurité et les restrictions d’accès imposées par les factions armées.
Les convois humanitaires doivent traverser des zones de guerre et franchir des dizaines de points de contrôle, retardant l’arrivée des vivres. Selon Faith Kasina, porte-parole du HCR, un trajet de 700 kilomètres entre Adré, à la frontière tchadienne, et le camp de Zamzam au Darfour Nord peut prendre jusqu’à trois semaines.
Vers une solution politique
Face à cette impasse militaire, les appels au dialogue se multiplient. Ramtane Lamamra, envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan, a souligné qu’une solution politique est indispensable. « Une issue militaire ne fera qu’aggraver la souffrance des populations », a-t-il déclaré.
La communauté internationale est appelée à redoubler d’efforts pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture de discussions inclusives. Sans ces mesures, le Soudan risque de sombrer davantage dans le chaos, au détriment de millions de vies humaines.

