Les bidonvilles, qui représentent près d’un tiers des habitations de Mayotte et abritent une grande partie des personnes en situation irrégulière, figurent parmi les zones les plus durement touchées par le cyclone Chido. Cinq jours après le passage du phénomène, les habitants attendent encore les premières distributions de nourriture. Sans aide immédiate, ils survivent avec des vivres qui s’amenuisent de jour en jour.
Dans le bidonville de Doujani, les habitants tentent de reconstruire au milieu des décombres. Sandia, mère de famille, décrit une situation désespérée : « Absolument tout est par terre. Nos affaires, nos vêtements… Tout est éparpillé. Nous avons installé un bout de tôle au-dessus de nos têtes pour nous protéger, mais la pluie nous contraint à vivre dans la boue. »
Le jour du cyclone, des rafales atteignant parfois 220 km/h ont arraché les toits et détruit des habitations précaires. Sandia raconte que son mari et son père, restés sur place pour protéger ce qu’ils pouvaient, ont été blessés par des tôles projetées. Mais, à l’hôpital, seules les blessures les plus graves sont traitées.
Une urgence humanitaire
Malgré les dégâts et les traumatismes, les habitants s’efforcent de reconstruire dans les bidonvilles. Toutefois, les blessures et le manque de ressources rendent la tâche impossible pour certains. « J’ai demandé de l’aide pour mes enfants, mais personne ne peut nous aider ici. Tout le monde est dans la même situation », déplore Sandia.
Un premier avion humanitaire est arrivé sur l’île avec des tonnes de vivres et d’équipements de secours, mais les distributions tardent à se concrétiser. Selon les autorités, il faudra plusieurs jours avant que l’aide atteigne toutes les zones touchées.
Dans l’immédiat, les habitants des bidonvilles font face à une pénurie dramatique d’eau et de nourriture. Sandia, inquiète pour ses enfants, témoigne : « Ma fille de 6 ans est traumatisée. Elle me demande sans cesse : ‘Maman, où est notre maison ? J’ai faim.’ Mais je ne sais plus quoi lui répondre. »
Une île coupée du monde
Dans d’autres quartiers, comme Kawéni à Mamoudzou, réputé pour être le plus grand bidonville de France, l’effervescence des efforts de reconstruction contraste avec l’absence criante de moyens. L’électricité ne couvre que 15 % de l’île, le réseau mobile reste largement hors service, et l’eau potable est encore inaccessible pour la majorité des habitants.
Le dernier bilan officiel fait état de 31 morts et plus de 2 000 blessés. Cependant, les autorités redoutent que le nombre de décès ne s’élève à plusieurs centaines, voire des milliers, à mesure que les secours atteindront les zones les plus reculées.
En attendant, la population de Mayotte, abandonnée à son sort, tente de survivre dans des conditions d’extrême précarité, dans l’espoir que l’aide arrive enfin.

