Trois jours après la décision du gouvernement nigérien de déchoir provisoirement de leur nationalité neuf proches de l’ancien président Mohamed Bazoum renversé par un coup d’Etat le 26 juillet 2023, l’ex-ministre d’État et conseiller à la présidence Rhissa Ag Boula a réagi, ce dimanche 13 octobre.
Rhissa Ag Boula, ancien ministre d’État et conseiller sous la présidence de Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État militaire le 26 juillet 2023, a répondu aux autorités en place à Niamey par un message audio de trois minutes diffusé sur les réseaux sociaux. Sans mentionner directement Abdourahamane Tiani, chef de la junte qui a signé le décret suspendant sa citoyenneté nigérienne, Rhissa Ag Boula, figure historique des rébellions touarègues de 1991 et 2007, s’adresse à lui et aux militaires au pouvoir. Cette décision de lui retirer sa nationalité s’appuie notamment sur un fichier récent répertoriant les individus impliqués dans des actes terroristes ou des atteintes à l’intérêt national.
Fort de son parcours, Rhissa Ag Boula réaffirme son profond attachement à son pays. « Ne vous attaquez pas aux fondements de votre pays. J’ai pris les armes en 1991 pendant six ans pour lutter contre le régime de l’époque, mais je n’ai jamais cherché à me séparer du Niger. Je suis nigérien et je resterai nigérien, quelle que soit la situation », déclare-t-il avec détermination.
« Nous sommes nigériens et nous resterons nigériens : personne ne peut nous enlever cela »
Rhissa Ag Boula et huit autres personnalités de l’ancien régime de Mohamed Bazoum, provisoirement déchues de leur citoyenneté, sont actuellement considérées comme « en fuite » par les autorités, qui les accusent de complot et de « trahison » en lien avec une puissance étrangère. Cependant, dans son appel, Rhissa Ag Boula insiste sur la nécessité de se battre pour la démocratie au Niger, tout en restant fidèle à sa nationalité : « Nous sommes nigériens et nous resterons nigériens : personne ne peut nous enlever cela. Il faut lutter pour la démocratie au Niger, mais ne jamais renier la nationalité nigérienne. »
Deux semaines après le coup d’État, Rhissa Ag Boula avait créé un Conseil de résistance pour la République, destiné à s’opposer à la junte militaire. Dans son message, il conclut en affirmant qu’il « réglera plus tard ses comptes avec la junte ».


