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mardi, mai 19, 2026

Cameroun : le ministère de l’Administration territoriale interdit tout débat sur la santé de Paul Biya

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Au Cameroun, le gouvernement interdit les débats dans les médias sur l’état de santé de Paul Biya. L’absence prolongée du président camerounais de 91 ans, qui n’a fait aucune apparition publique depuis début septembre 2024, a suscité des inquiétudes, des questions puis des rumeurs alarmantes. « Tout débat sur l’état de santé du président est désormais formellement interdit » a donc indiqué Paul Atanga Nji, le ministre de l’Administration territoriale, dans un communiqué diffusé jeudi 10 octobre. Une décision qui n’a pas tardé à faire réagir, autant dans les milieux de la presse que politiques.

Selon le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, signataire du communiqué, « les discussions concernant l’état de santé du président de la République relèvent de la sécurité nationale ». En conséquence, le ministre ordonne « aux gouverneurs (…) de mettre en place des cellules chargées de surveiller et d’enregistrer toutes les émissions et débats dans les médias privés, ainsi que d’identifier les auteurs des commentaires inappropriés ».

Étonnement

Dans la majorité des rédactions télévisuelles et radiophoniques du Cameroun, l’information a été reçue avec un certain étonnement. Boney Philippe, directeur de Vision 4 et animateur du débat dominical Club d’élites, a exprimé son inquiétude face à cette décision qui constitue un véritable coup dur pour la liberté d’expression et la démocratie. Bien qu’il ait prévu d’animer un débat sur ce thème dimanche prochain, il confie, résigné, qu’il va devoir modifier son programme.

Risques

Il en va de même pour Bouba Ngomena, animateur de Canal presse sur Canal 2 international. Pour ce confrère, la déclaration du ministre, en plus des risques qu’elle engendre pour la liberté d’expression, suggère que le ministre de l’Administration territoriale souhaite se substituer au ministère de la Communication et au Conseil national de la communication. Ce point a également été soulevé par le député Jean-Michel Nintcheu, qui a dénoncé une mesure établissant une « Gestapo » au sein des services des gouverneurs.

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