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jeudi, juin 11, 2026

Sénégal : changements dans la magistrature

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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a initié d’importants remaniements au sein de la magistrature ce vendredi 11 août 2024, affectant plusieurs magistrats à travers le pays. Parmi les mutations notables, celles de magistrats impliqués dans l’affaire du viol présumé d’une masseuse en 2021, impliquant l’ancien opposant Ousmane Sonko. Oumar Maham Diallo, qui était doyen des juges d’instruction au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, a été muté à Tambacounda en tant que président de chambre. De même, Abdou Karim Diop, le procureur de la République qui avait poursuivi Sonko, a été nommé avocat général à la cour d’appel de Tambacounda, accompagné de Mamadou Seck, ancien juge au tribunal de grande instance de Dakar.

Ces magistrats, ayant travaillé sur le dossier controversé « Sweet Beauty », ont tous été déplacés à Tambacounda, une région éloignée à environ 500 km de Dakar, connue pour ses conditions climatiques extrêmes. Leur mutation est perçue par certains comme une forme de sanction ou de neutralisation.

Par ailleurs, d’autres magistrats ont été promus, à l’instar de Sabassy Faye, connu pour avoir demandé la réintégration de Sonko sur les listes électorales. Il a été transféré de Ziguinchor à Fatick, où il occupe désormais le poste de président du tribunal de grande instance. Certains observateurs y voient une forme de revanche pour Ousmane Sonko, devenu Premier ministre après l’élection présidentielle du 24 mars.

Le Conseil supérieur de la magistrature a également décidé de remplacer la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) par un nouveau pool judiciaire financier, composé de 27 magistrats répartis en 5 groupes. Sous la direction d’El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, ancien avocat général près de la Cour suprême, ces magistrats auront pour mission de traquer les délinquants financiers, une initiative saluée par l’APR, l’ancien parti présidentiel, bien que ce dernier redoute une possible chasse aux sorcières sous couvert de justice.

L’opposition a exprimé des inquiétudes quant à l’indépendance de la justice, soulignant que ces changements pourraient refléter une volonté de l’exécutif de nommer des magistrats loyaux. L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Deme, qui avait été écarté lors de la dernière présidentielle, soutient la nécessité de la reddition des comptes, mais déplore que l’exécutif conserve le pouvoir de décider de la carrière des magistrats.

En réponse aux critiques, Ousseynou Ly, porte-parole de la présidence, a ironisé sur Twitter, affirmant que ceux qui voient une « chasse aux sorcières » dans ces changements pourraient se considérer comme tels.

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