Mardi soir, 18 juin, un incendie majeur a dévasté un dépôt militaire de munitions à N’Djamena, la capitale du Tchad. L’incident s’est produit dans le quartier de Goudji, à proximité de l’aéroport de la ville. Les flammes ont déclenché une série de détonations puissantes, entendues à plusieurs kilomètres à la ronde.
Neuf morts et 46 blessés, certains dans un état gravissime, c’est le bilan donné par le ministre de la Santé lors d’une conférence de presse avec cinq autres membres du gouvernement. « Nous n’avons rien à cacher », a-t-il ajouté en réponse aux journalistes qui se plaignaient de ne pas pouvoir accéder aux hôpitaux. Le ministre de la Défense n’a toutefois pas souhaité préciser le nombre de militaires parmi les victimes.
Le ministre de l’Administration du territoire a annoncé que des enquêtes ont été lancées pour déterminer l’origine de l’incendie, mais qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Par ailleurs, il a promis de construire des entrepôts plus sécurisés et de déplacer ceux qui sont trop proches du centre-ville.
Le président sur place
Le site de l’explosion est dévasté. Le président de la République, Mahamat Idriss Déby, et le Premier ministre se sont rendus sur place ce matin. Il ne reste absolument plus rien du dépôt de munitions transformé en champ de ruines avec au centre deux énormes cratères noirs larges d’une dizaine de mètres. On entend encore quelques détonations, et il flotte une forte odeur de poudre. Dans les quartiers alentours, les bâtiments sont dévastés, les maisons éventrées, les toitures déchirées. Dans l’une des maisons détruites, le sol était taché de sang : c’était celui d’une fillette blessée à la jambe. Aux dernières nouvelles, ses jours sont hors de danger. Le sol est jonché de munitions de tous calibres et d’obus, pour certains, non explosés.
Un incendie de plusieurs heures
Le dépôt de munitions a pris feu vers 22h30, heure locale, et l’incendie a duré plusieurs heures, accompagné de très puissantes explosions entendues à des kilomètres à la ronde. Des tubes de roquettes et des éclats ont été retrouvés un peu partout dans les 1er et 2e arrondissements de la ville. Certains projectiles n’ont pas explosé, et les services de déminage ont diffusé un numéro d’appel. « On a vu l’air devenir particulièrement rouge. On a entendu une très forte explosion, tellement forte qu’on l’a ressentie sous nos pieds », témoigne Mahamat Moussa Hemchi, un habitant du quartier. « On entendait surtout le sifflement des projectiles qui passaient au-dessus de nos têtes, poursuit-il. C’était dur à vivre, surtout pour les femmes et les enfants. Les fenêtres et les portes bougeaient. On ne pouvait pas fermer. Dès que l’on fermait une porte, une explosion arrivait et ouvrait la porte. On avait l’impression que ça avait frappé juste à côté. »
Dans la nuit, Moussa Tchale a décrit la situation auprès de 54 ÉTATS: « Ce dépôt a pris feu accidentellement. Bien entendu, dans un dépôt militaire, cela occasionne des explosions d’obus, de munitions, et c’est assez impressionnant […]. Les forces d’interventions, dont des pompiers, sont sur place. On attend que ça se calme un peu pour maîtriser la situation. »
Ce matin, le président Mahamat Idriss Déby s’est rendu sur les lieux. « Nous avons mis en place une équipe d’enquête pour nous situer sur les causes de ce qui s’est passé et après cela, nous allons prendre des mesures », a affirmé le président tchadien. Dans la nuit, il avait déclaré sur sa page Facebook qu’il y avait des morts et des blessés, sans qu’un bilan humain ne soit communiqué. « Un incendie dans un dépôt de munitions (…) a provoqué des dégâts humains et matériels. Paix aux âmes des victimes, sincères condoléances aux familles éplorées et prompt rétablissement aux blessés », avait-il écrit.


