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dimanche, mars 15, 2026

Burkina Faso : Arrivée de renforts maliens et russes de Wagner à Ouagadougou dans un climat de tension

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

La situation au Burkina Faso reste confuse depuis l’attaque de Mansila, survenue mardi 11 juin, au cours de laquelle plus d’une centaine de soldats burkinabè ont été tués et certains capturés par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda). En réponse à ce massacre, qui n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle des autorités de transition, un mouvement de grogne a émergé au sein de l’armée. Mercredi dernier, un obus a été tiré sur le siège de la télévision nationale, sans que l’origine de ce tir ne soit déterminée.

Le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, s’est brièvement montré dimanche lors de la Tabaski, mais sans s’exprimer, se contentant de publier deux messages sur les réseaux sociaux à propos du don du sang et des épreuves du baccalauréat, ce qui ne fait qu’accentuer les interrogations sur sa situation.

Dans ce contexte, selon nos informations, des soldats maliens et des mercenaires russes de Wagner ont été transportés à Ouagadougou depuis le Mali. Les applications de suivi aérien montrent qu’un appareil affrété par la compagnie russe Abakan Air a fait à quatre reprises le trajet de Gao, dans le nord du Mali, à Ouagadougou, entre samedi et lundi. Précisément un Iliouchine (II-76), un avion de transport militaire capable d’accueillir un grand nombre d’hommes et d’importantes quantités de matériel.

Le même appareil a ensuite fait plusieurs rotations entre Bamako et Ouagadougou, lundi et hier mardi. Selon les informations recoupées par 54 ÉTATS auprès de plusieurs sources sécuritaires de pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali-Burkina-Niger), 80 à 120 hommes, des militaires maliens et des mercenaires russes de Wagner désormais intégrés au « Corps africain » géré par les services extérieurs russes sont ainsi arrivés, et se trouvent toujours, dans la capitale burkinabè.

Leur mission : appuyer le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, dont le pouvoir est présenté comme « vacillant ». S’agit-il de le protéger d’une mutinerie, voire d’une éventuelle tentative de coup d’État, afin de le maintenir au pouvoir ? Ou d’éviter tout débordement jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour une forme de « rectification de la transition » burkinabè ?

L’expression avait été utilisée par les autorités militaires du Mali en mai 2021 après le second putsch dirigé par le colonel Assimi Goïta contre le président et le Premier ministre de transition de l’époque, après une tentative de remaniement ministériel.

Certaines sources assurent que ces hommes ont vocation à se rendre à Dori, non loin de Mansila, d’où le mouvement de contestation serait parti après le massacre commis par le Jnim la semaine dernière. À ce stade, beaucoup de questions et d’hypothèses, mais aucune certitude sur la suite des évènements, qui se jouent donc au niveau national burkinabè, mais également au niveau régional de l’AES, et avec l’implication des supplétifs russes de Wagner.

Mercredi 12 juin dernier, après l’attaque de Mansila mais avant le tir d’obus dans la cour de la télévision nationale, Ibrahim Traoré avait présidé le Conseil des ministres. Depuis, il s’est brièvement montré pour la Tabaski mais sans prononcer une seule parole.

Le prochain Conseil des ministres que le capitaine Traoré est censé présider doit se tenir ce mercredi 19 juin.

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