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jeudi, décembre 11, 2025

Tentative de coup d’État déjouée en RDC

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À la mi-journée en République Démocratique du Congo (RDC), la situation était sous contrôle et le quartier bouclé. Les assaillants ont été arrêtés, selon le porte-parole de l’armée. Le général Sylvain Ekenge a parlé d’une « tentative de coup d’État ». Cette tentative impliquait des « étrangers et des Congolais », tous mis « hors d’état de nuire », a-t-il affirmé, soulignant que les forces armées avaient « la parfaite maîtrise de la situation ».

Tôt ce dimanche matin, vers 4 heures, un groupe d’une vingtaine d’hommes armés et vêtus d’uniformes militaires a attaqué la résidence du vice-Premier ministre de la RDC. Vital Kamerhe réside dans le quartier diplomatique de Kinshasa, où se trouvent également de nombreuses ambassades et l’hôtel Pullman.

Ces hommes seraient arrivés par le fleuve. Il y a eu des échanges de tirs, comme en témoigne une habitante du quartier : « Ça tirait de partout, c’étaient des grosses balles. Les gens ont eu peur. C’est inhabituel, surtout à la Gombe, qui est habituellement calme et bien sécurisée. »

Le commando a pénétré dans la résidence de Vital Kamerhe, qui a réussi à se cacher. Deux policiers chargés de la sécurité du vice-Premier ministre ont été tués, ainsi qu’un assaillant. Les autres assaillants se sont retranchés dans le palais présidentiel à proximité, où ils ont démonté le drapeau congolais pour hisser le drapeau du Zaïre, l’ancien nom de la RDC. Ils ont été délogés par des membres de la Garde républicaine.

Les assaillants auraient surpris la sécurité du Palais de la Nation en utilisant une jeep de la police congolaise. Mais qui étaient-ils ?

Une source proche de la Défense confirme que les soupçons se portent sur Christian Malanga, un ancien officier devenu homme d’affaires et politicien. Résidant aux États-Unis, il était naturalisé américain et prônait l’avènement d’un nouveau Zaïre. Il est mort cette nuit au palais de la Nation.

Quarante assaillants ont été arrêtés, tandis que quatre autres, dont leur chef, Christian Malanga, ont été tués par les forces de sécurité, a précisé le général Sylvain Ekenge à la télévision nationale. Outre Christian Malanga, « il y a son fils, Marcel Malanga, et deux autres citoyens américains, des blancs », a-t-il détaillé. « Nous avons aussi un sujet naturalisé britannique, le numéro 2 du groupe », a ajouté le général. Plus tôt dans la journée, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, s’était dite « très préoccupée par les rapports faisant état de citoyens américains prétendument impliqués » dans cette tentative de coup d’État, assurant de la coopération des États-Unis avec les autorités congolaises.

Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, a été désigné fin avril candidat de l’Union sacrée de la nation pour la présidence de l’Assemblée nationale. Lors d’une primaire organisée par la famille politique de Félix Tshisekedi, il a surpassé les autres candidats : Christophe Mboso et Modeste Bahati.

Des questions se posent quant à cette attaque. La chronologie des faits, avec l’attaque initiale de la résidence de Vital Kamerhe, soulève des interrogations. Était-il la première cible de cette action armée ? Kamerhe étant probablement le futur président de l’Assemblée nationale, donc bientôt la deuxième personnalité de l’État. De plus, pourquoi attaquer le Palais de la Nation, un symbole de la présidence à Kinshasa, mais aujourd’hui plus un palais d’apparat qu’un véritable siège du pouvoir ? Le président ne s’y trouvait d’ailleurs pas cette nuit-là.

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