Le Congo-Brazzaville, troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, développe plusieurs projets de production de gaz naturel liquéfié (GNL). Lors du sommet Invest in Africa Energy, qui s’est terminé ce mercredi 15 mai à Paris, Bruno Jean-Richard Itoua, ministre des Hydrocarbures, a insisté sur la nécessité de poursuivre l’exploitation des énergies fossiles pour répondre aux besoins énergétiques des populations africaines et augmenter les ressources des pays du continent.
600 millions d’Africains sans électricité : un paradoxe à résoudre
Malgré un potentiel énergétique considérable, 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. Itoua souligne que l’électricité n’a jamais été traitée comme une priorité en Afrique subsaharienne, ce qui est paradoxal. « Tous les banquiers, y compris les multilatéraux, s’étonnent que personne n’ait mis l’électricité à sa juste place alors que le potentiel est là. Il est crucial de prendre conscience que la transition énergétique ne doit pas compromettre l’accès à l’électricité pour les populations et l’économie. »
Investissements et partenariats : une relation à rééquilibrer
Concernant les investissements, Itoua critique la perception de risque excessif par certaines banques européennes. « L’Europe n’a pas une relation adulte avec l’Afrique, souvent marquée par un paternalisme hérité de la colonisation. Il est temps de voir l’Afrique comme une terre d’opportunités, avec une population jeune et croissante. Le dialogue et la collaboration sont essentiels pour trouver des accords bénéfiques. »
C’est dans cet esprit de partenariat que le Congo a développé un important projet gazier avec la compagnie italienne Eni. « Eni nous a approchés pour répondre au problème d’approvisionnement en gaz en Europe, exacerbée par le conflit russo-ukrainien. Ce projet gagnant-gagnant nous permet de produire du GNL pour l’exportation vers l’Europe, créant des ressources et des emplois. Un autre projet avec une société chinoise, centré sur le marché local, va démarrer prochainement. »
Priorité au marché local et développement industriel
Le ministre Itoua insiste sur l’importance d’utiliser les ressources gazières pour le développement local. « Nous finalisons un schéma directeur gazier et un code gazier qui priorisent le marché local. L’exportation ne concernera que les excédents. Une compagnie gazière congolaise sera créée pour coordonner le développement gazier national. »
Protection de l’environnement : des normes strictes et respectées
Sur la question des explorations dans le parc naturel protégé de Conkouati, Itoua affirme que le Congo adopte des normes environnementales rigoureuses. « Nos lois imposent des études d’impact social et environnemental avant tout projet industriel. Ces études, réalisées par des cabinets privés, garantissent la protection de l’environnement. Nous cherchons à rendre compatibles protection environnementale et exploitation pétrolière. Si cela n’est pas possible, le projet ne sera pas réalisé. »
Bruno Itoua réaffirme que le Congo n’a aucune leçon à recevoir des pays responsables des changements climatiques. Avec ses projets énergétiques ambitieux et ses normes environnementales strictes, le Congo vise à utiliser ses ressources pour le développement durable tout en répondant aux besoins énergétiques de sa population.


