De nouvelles tensions sont apparues dans l’enclave angolaise du Cabinda, un petit territoire situé entre les deux Congos. Depuis plusieurs semaines, des accrochages opposent les forces armées angolaises (FAA) au Front de libération de l’enclave du Cabinda (FLEC). Le mouvement indépendantiste du FLEC a lancé le 4 avril 2024 un ultimatum de 30 jours au gouvernement angolais pour qu’il retire ses troupes de l’enclave, menaçant d’intensifier ses actions armées en cas de refus.
Ces tensions ont des répercussions en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans le territoire de Lukula, situé dans la province du Kongo-central, à l’ouest du pays. Selon plusieurs sources de la société civile congolaise, les incidents dans l’enclave du Cabinda ont provoqué des mouvements de troupes et une intensification des patrouilles des deux côtés de la frontière, particulièrement au poste frontière de Mbaka Nkosi.
Un responsable de la société civile de Lukula estime que « la population congolaise est laissée dans la confusion ». Un autre responsable ajoute que ces mouvements militaires ont semé la panique parmi les habitants. « Des habitants ont vu des militaires angolais franchir la frontière. Par peur, ils ont préféré fuir, craignant des affrontements. » Cependant, selon cette source, la situation est depuis revenue à la normale côté congolais.
Sécurisation de la frontière
Un responsable politique du Kongo-central confirme avoir été informé d’opérations militaires dans la zone début mai. Toutefois, il ne s’agit pas d’opérations conjointes, précise un responsable de l’armée congolaise. Il évoque néanmoins des contacts possibles entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les forces angolaises pour « sécuriser la frontière ».
Du côté du FLEC, on dénonce la position ferme du gouvernement angolais qui refuse tout dialogue. Le mouvement appelle le président congolais Félix Tshisekedi à intervenir comme médiateur auprès de son homologue angolais João Lourenço.
Cette situation demeure préoccupante et la stabilité régionale dépendra en grande partie des décisions diplomatiques à venir.


