Un accord pétrolier d’envergure a été conclu entre le Niger et une entreprise chinoise, ouvrant la voie à une injection de fonds cruciale pour le fonctionnement de l’administration nigérienne. Le gouvernement nigérien a révélé qu’il avait sécurisé un montant significatif de 400 millions de dollars de son partenaire chinois, CNPC (China National Petroleum Corporation), en anticipation des ventes à venir de pétrole brut, dont le début est prévu en mai. Cette avance, assortie d’un taux d’intérêt de 7% et remboursable sur un an, permettra à la junte au pouvoir de maintenir ses activités administratives dans les mois à venir, une nécessité cruciale.
La signature de cet accord le 12 avril 2024 entre la compagnie chinoise et le gouvernement de transition souligne l’importance stratégique de ces transactions. Les exportations de pétrole brut doivent débuter depuis le port de Sèmè au Bénin voisin, ce qui devrait générer des retombées fiscales significatives pour le Bénin. Cela survient alors que le Niger maintient ses frontières fermées malgré la levée des sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) suite au coup d’État de juillet 2023 à Niamey.
Benjamin Augé, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), souligne que les enjeux financiers considérables ont facilité cet accord, malgré les divergences politiques. Il note que cette entente permet non seulement à la junte nigérienne de maintenir ses activités administratives, mais également d’assurer des rentrées fiscales pour le Bénin, tout en garantissant à la Chine, principal investisseur au Niger, un retour sur investissement. Cette convergence d’intérêts souligne l’importance des considérations économiques dans les relations internationales.
Augé ajoute que cette transaction pourrait également servir à attirer la junte nigérienne de retour à la table des négociations de la Cédéao, maintenant que celle-ci a vu diminuer sa force de frappe suite à son départ officiel et à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ainsi, la question pétrolière prend une dimension diplomatique, offrant des opportunités de réengagement avec la Cédéao.


