Né en Zambie, le responsable politique de 50 ans est devenu, le samedi 16 mars, le nouveau dirigeant du parti travailliste gallois, parti majoritaire au Parlement décentralisé. Suite logique : son intronisation comme Premier ministre local dans les jours à venir. La presse britannique se réjouit d’un moment symbolique, vite éclipsé par une première polémique.
“Vaughan Gething entre dans l’histoire”, s’exclamait Wales on Sunday, le dimanche 17 mars. La veille, l’homme politique de 50 ans a remporté la course à la direction du parti travailliste gallois avec 51,7 % des voix. Une courte avance suffisante pour succéder à Mark Drakeford, leader du Labour et Premier ministre du pays de Galles, sur le départ depuis décembre dernier.
Sauf improbable retournement de situation lors d’un vote prévu dans les prochains jours au Parlement local (Senedd), où sa famille politique détient la majorité des sièges, l’ancien avocat et responsable syndical devrait donc également prendre les rênes de cette nation de 3,1 millions d’habitants. “Il sera alors le premier dirigeant noir d’Europe”, salue le journal dominical de Cardiff.
“Gallois né en Zambie”
Né en Zambie, d’un père gallois et d’une mère zambienne, Vaughan Gething va devenir le premier chef de gouvernement noir du Royaume-Uni et, au-delà, d’un Etat européen. Avocat de formation, ayant fait ses classes dans l’action syndicale, son successeur incarne une nouvelle génération. “Le fait que ce moment historique intervienne au Royaume-Uni, où la diversité au sommet des institutions est devenue la norme, n’est pas une surprise”, se félicite le journal de gauche The Observer. Vaughan Gething, “qui a partagé récemment ses souvenirs de racisme subi lorsqu’il jouait au rugby dans sa jeunesse”, rejoint ainsi trois des quatre nations du pays qui sont désormais dirigées par des hommes issus de minorités ethniques : Rishi Sunak, le premier ministre britannique conservateur, est d’origine indienne ; Humza Yousaf, son homologue écossais et chef de file des indépendantistes du Parti national écossais, est d’origine pakistanaise. En Irlande du Nord, c’est une femme, Michelle O’Neill, de la communauté catholique de l’île, qui dirige l’exécutif.
Ces nominations reflètent l’indéniable tolérance de l’ex-puissance coloniale où, selon le recensement de 2021, 18 % de la population est issue des 19 catégories de minorités ethniques répertoriées par l’Office national des statistiques. M. Gething s’est félicité qu’avec sa désignation, le Pays de Galles « tourne une page de son histoire. (…) Cela signifie que davantage de gens [issus des minorités] vont se dire qu’ils peuvent eux aussi envisager une carrière en politique ».
Pour autant, les inégalités basées sur l’ethnicité sont loin d’avoir disparu dans le pays et le racisme s’exprime encore parfois à haute voix. Depuis quelques jours, le Parti conservateur fait face à des accusations de racisme institutionnel, après que son principal donateur, l’homme d’affaires Frank Hester ait été accusé d’avoir dit en 2019 que la députée Diane Abbott lui donnait « envie de détester toutes les femmes noires » et qu’elle devrait être « abattue ».


