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samedi, janvier 24, 2026

Stanis Bujakera, Journaliste : condamné et libérable – Une Affaire sous les Projecteurs de la Liberté de Presse en RDC

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Le correspondant de Jeune Afrique et Reuters à Kinshasa, qui travaille aussi pour le média congolais Actualité.CD, a été condamné pour avoir « fabriqué et distribué » un faux document incriminant les renseignements militaires dans la mort de l’opposant Chérubin Okende, en juillet dernier. Stanis Bujakera a déjà purgé cette peine de six mois de prison. Il est donc libérable, dès ce mardi.

Le journaliste Stanis Bujakera sera éligible à quitter la prison de Makala dès ce mardi 19 mars, après avoir acquitté l’amende et les frais de justice.

Lundi soir, les juges ont prononcé Stanis Bujakera coupable de six délits qui lui étaient reprochés, décidant ainsi de lui infliger la peine maximale de six mois de servitude pénale, peine déjà purgée depuis son arrestation, accompagnée d’une amende d’un million de francs congolais, soit environ 400 dollars. Alors que le parquet avait requis une peine bien plus lourde, allant jusqu’à vingt ans de prison.

Dans leur verdict, les juges ont pris en compte des circonstances atténuantes, notant que Stanis Bujakera n’avait jamais été condamné auparavant. Cependant, ils ont jugé que le journaliste était bel et bien l’auteur d’un faux rapport attribué à l’Agence nationale de renseignement (ANR), impliquant les renseignements militaires dans la mort de Chérubin Okendé. Selon les juges, cette action visait à discréditer les institutions congolaises.

Les avocats de la défense, mécontents du verdict, ont annoncé leur intention de faire appel, tout comme la défense du journaliste, qui se dit insatisfaite de la décision rendue.

Plus tôt dans la journée, les organisations professionnelles de la presse de la République Démocratique du Congo se sont rassemblées lors d’une conférence pour exhorter à la mobilisation des médias, réclamant à l’unisson l’acquittement du journaliste.

Elles ont également exprimé leur vive préoccupation face à ce qu’elles considèrent comme une menace pour la liberté de la presse, condamnant fermement l’utilisation de cette condamnation comme un avertissement adressé à l’ensemble de la profession journalistique en RDC.

Analysons les tenants et aboutissants de cette affaire :

Stanis Bujakera a été arrêté le 8 septembre dernier, deux mois après la découverte du corps de Chérubin Okende. Les autorités congolaises l’accusent d’être à l’origine d’un article publié dans Jeune Afrique, basé sur un document jugé faux, incriminant l’Agence nationale de renseignement dans le décès du député.

Notre confrère, n’ayant pas signé cet article, a été interrogé avant d’être placé en détention à la prison de Makala. Son incarcération a suscité des protestations de la part de ses employeurs, ainsi que de journalistes et de défenseurs de la liberté de la presse en Afrique et dans le monde entier.

Le procès a débuté en octobre et a progressé lentement, avec des audiences tous les deux à trois semaines. Le mois dernier, le président congolais Félix Tshisekedi lui-même, tout juste réélu, a déclaré lors d’une conférence de presse que Stanis Bujakera était peut-être victime des « tergiversations » de la justice. Il a annoncé sa décision d’examiner attentivement ce dossier.

Le procès a pris fin deux semaines après cette déclaration, avec une réquisition de 20 ans de prison de la part du parquet. Les juges ont finalement condamné le journaliste à six mois de prison ferme et à une amende de 400 dollars.

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