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jeudi, décembre 11, 2025

La réélection de Poutine : Perspectives africaines

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Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal
S’exprimant depuis Ouagadougou, le média WakatSéra réagit à la réélection de Vladimir Poutine, 71 ans, avec une clarté saisissante : « Au moins 87 % des suffrages exprimés pour un taux de participation de plus de 73 % : Vladimir Poutine, 71 ans, a donc été réélu, pardon plébiscité ». Le site d’informations de nos confrères Burkinabés souligne l’absence de surprise face à cette moisson de voix, non seulement à Moscou mais aussi dans de nombreux pays où les élections ne sont que des simulacres de démocratie. Depuis 24 ans, Vladimir Poutine règne sur la Russie, et il semble déterminé à maintenir sa position, sauf imprévu majeur.

WakatSéra critique vivement le processus électoral, dénonçant la prédominance de la corruption, de l’achat de voix et des pratiques clientélistes. Les opposants, qu’ils soient farouches ou modérés, risquent la prison ou pire encore. Dans un ton ferme, il déplore cette absence de compétition saine basée sur les programmes de gouvernance.

Pendant ce temps, le quotidien Aujourd’hui du Burkina Faso adopte une perspective plus nuancée, soulignant le rôle de Poutine dans la nouvelle donne géopolitique africaine. Avec une présence et une influence accrues, Poutine incarne une force majeure sur le continent, donnant un nouvel élan à l’Alliance des États du Sahel (AES).

Dans un geste qui illustre cette influence croissante, le Niger annonce la rupture de ses accords de défense avec les États-Unis, préférant se tourner vers des partenaires russes. Cette décision, annoncée par le colonel Amadou Abdramane, porte un coup dur aux intérêts américains dans la région, notamment à la présence militaire américaine dans la base aérienne d’Agadez.

Ce changement de cap diplomatique soulève des questions sur le déclin de l’influence américaine dans la région. Les observateurs critiquent la diplomatie guerrière et paternaliste des États-Unis et de la France, appelant à une approche basée sur la souveraineté et la coopération avec les pays africains.

Enfin, L’Observateur Paalga souligne les tensions croissantes entre les États-Unis et le Niger, illustrées par l’échec d’une rencontre entre les officiels américains et le général Abdourahamane Tiani. Cette déconvenue reflète les suspicions américaines concernant les relations du Niger avec la Russie et l’Iran, sur fond de soupçons de trafic d’uranium.

La réélection de Poutine et ses répercussions en Afrique sont un rappel poignant du jeu complexe des alliances et des intérêts géopolitiques qui se jouent sur le continent.

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