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jeudi, décembre 11, 2025

Tchad : Mahamat Idriss Déby a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle.

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Au Tchad, le chef de la transition, Mahamat Idriss Déby, a formellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle prévue pour le 6 mai 2024. Il a fait cette déclaration lors d’une cérémonie tenue ce samedi 2 mars, organisée par la coalition rassemblant le MPS, le parti fondé par son père, en vue du scrutin.

Le général Mahamat Idriss Déby, qui avait gardé le silence depuis la mi-janvier 2024, lorsque le MPS avait sollicité sa candidature, a maintenant officialisé sa participation à l’élection présidentielle. Vêtu d’une toque, d’habits blancs et tenant un bâton de commandement à la main, il a fait cette annonce lors d’une cérémonie d’investiture devant environ un millier de personnes rassemblées dans le grand amphithéâtre du ministère des Affaires étrangères. Il a déclaré accepter avec « humilité » les sollicitations de la coalition.

Bien que Mahamat Idriss Déby ait déclaré dans son discours qu’au départ, il n’envisageait pas d’être candidat, le déroulement de la transition laissait peu de place au doute. Le MPS avait en effet accéléré les choses en le désignant mi-janvier, juste après la victoire du « oui » au référendum constitutionnel, puis avait entamé des discussions en vue de former cette coalition pour un Tchad Uni, qui promet une « victoire éclatante » au chef de la transition.

Le chef du MPS, Mahamat Zène Bada, a déclaré : « Celui qui veut se faire moudre n’a qu’à passer devant nous », avant d’ajouter : « Nous vous amenons 65% des voix, vous irez récupérer le reste. »

Mahamat Idriss Déby a adopté un ton sobre lors de son discours. Il a salué la « résilience » des Tchadiens et a défendu le travail de la transition, mettant en avant le maintien de la stabilité du pays dans une sous-région « où une simple étincelle peut allumer tout un pays », comme il l’a souligné.

La mort de Yaya Dillo, survenue lors de l’assaut contre le siège du parti de l’opposant, n’a pas été mentionnée dans le discours de Mahamat Idriss Déby.

Pour ses partisans, Yaya Dillo aurait tenté de semer le « chaos » dans le pays, et les forces de sécurité auraient agi en légitime défense en faisant leur devoir.

Cependant, cette version des faits est contestée par de nombreux observateurs qui remettent en question l’utilisation excessive de la force, voire dénoncent un assassinat ou une « exécution », selon le Parti socialiste tchadien (PSF), auquel appartenait Yaya Dillo. De nombreux acteurs politiques, membres de la société civile et simples citoyens s’interrogent sur les conséquences de ces événements et expriment leur préoccupation quant à la sérénité de la campagne électorale à venir.

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