8.3 C
Paris
jeudi, décembre 11, 2025

Guinée : puissante explosion dans le port de Conakry

À lire ou à écouter

Aïssatou Faye-Johnson
Aïssatou Faye-Johnson
Correspondante au Sénégal

Au cœur de la nuit, le spectre de l’inattendu s’est matérialisé. Une explosion d’une puissance exceptionnelle secoue actuellement le dépôt de carburant de Kaloum, projetant une masse de fumée noire qui s’étend dans l’obscurité du ciel. Les valeureux pompiers demeurent engagés sur le front de cette catastrophe en perpétuelle évolution. Le bilan demeure entouré d’une incertitude poignante, avec des dizaines de bléssés et des dégâts importants.

Au sein de la cour animée de l’hôpital Donka, l’un des deux Centres Hospitaliers Universitaires de Conakry, un ballet incessant d’ambulances rythme le paysage depuis une heure. Actuellement, il demeure impossible d’établir un bilan précis, mais l’écho de l’explosion qui a résonné dans la nuit a engendré des dizaines de blessés.

Un pickup, frappé d’une croix rouge, a pénétré la cour avec une urgence palpable. À l’intérieur de la benne, un homme, sous perfusion, exprimait sa douleur à travers des cris poignants. Parmi la foule de personnes précipitées sur les routes pour quitter Kaloum, on compte également de nombreux blessés légers, ajoutant une dimension tragique à cette scène mouvante et chaotique.

L’explosion a fait trembler les vitres du centre-ville de Conakry où se trouvent les ministères et la présidence. À Coronthie, au plus près de la déflagration, à l’entrée de la presqu’île, les habitants décrivent des scènes apocalyptiques. Des toits ont été soufflés par l’explosion. Des maisons se seraient effondrées.

Sur l’autoroute Fidel Castro, à une heure du matin, un tableau d’exode se dessine. Des centaines de personnes évacuent à pied la zone, sillonnant la voie rapide de l’autoroute. En plein milieu de cette marée humaine, un adolescent porte une femme, tandis qu’un peu plus loin, un homme, son pied ensanglanté, avance péniblement.

Les accès à Kaloum sont strictement contrôlés par des militaires, autorisant le passage exclusif des ambulances et des officiels. Les Guinéens anxieux, ayant des proches à Coronthie, doivent faire preuve de patience devant ces points de contrôle.

Derrière ces barrages, des centaines de regards sont rivés sur l’horizon, où le ciel s’embrase. Le quartier de Coronthie, abritant le seul dépôt de carburant du pays, l’African Petroleum Terminal (APT), est le foyer de cette tragédie. Depuis des années, les habitants réclament le déplacement de cette infrastructure en dehors de la ville, soulignant la nécessité urgente de prendre des mesures pour éviter de tels drames.

- Events -spot_img

Plus d'articles

- Evénements -spot_img

Dernières actualités