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samedi, janvier 24, 2026

L’effondrement du G5 Sahel scellé par la Mauritanie et le Tchad

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Priscilla Wolmer
Priscilla Wolmerhttp://www.54etats.com
FONDATRICE ET DIRECTRICE DU MÉDIA 54 ÉTATS

La Mauritanie et le Tchad ont conjointement signé l’arrêt de mort du G5 Sahel. Ce week-end, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait de cette coalition militaire, faisant écho au départ du Mali en mai 2022. Dans un communiqué conjoint diffusé ce mercredi matin, les présidences de la Mauritanie et du Tchad ont déclaré mettre un terme à l’existence du G5 en conséquence.

Créé en 2014, le G5 Sahel s’était déjà réduit à un « G4 » il y a un an et demi avec le départ du Mali. Samedi dernier, il était réduit à un « G2 » avant d’être finalement anéanti par ses deux derniers membres, la Mauritanie et le Tchad. « Prenant acte » des décisions de leurs « Républiques sœurs », les deux pays ont annoncé la mise en œuvre du processus de dissolution du G5, conformément à l’article 20 de la convention établissant le G5 Sahel, qui stipule que ce dernier « peut être dissous à la demande d’au moins trois États membres ».

La Mauritanie et le Tchad rappellent que, en neuf ans, le G5 a réussi à mettre en place une force militaire conjointe, un centre de formation à la lutte antiterroriste, et un collège de défense destinés aux militaires des pays membres. Cependant, sur le terrain, les réalisations du G5, en particulier de sa force conjointe, sont demeurées très limitées. À la fin d’octobre, l’Union européenne, l’un des principaux bailleurs du G5, avait par ailleurs décidé de suspendre une grande partie de ses financements.

Cependant, le Mali, suivi du Niger et du Burkina, n’ont pas quitté le G5 en raison de son bilan mitigé. Les autorités issues de leurs récents coups d’État militaires estiment que le G5 était « instrumentalisé » (selon un communiqué malien de mai 2022) au service « d’intérêts étrangers » (selon un communiqué nigérien et burkinabè commun du samedi dernier). Il s’agit d’une référence à peine voilée à leur ennemi commun désigné : la France.

En réponse, Bamako, Niamey et Ouagadougou ont créé il y a deux mois et demi l’Alliance des États du Sahel, un pacte de défense assorti d’objectifs politiques, diplomatiques et économiques. La Mauritanie et le Tchad assurent, sans rancune, qu’ils poursuivront leurs efforts « avec tous les pays du Sahel ».

Notons également que le Premier ministre nigérien, Lamine Zeine, s’est rendu mercredi à Ndjamena, où il a été reçu par le président tchadien Mahamat Idriss Déby. Selon le communiqué du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), les discussions ont notamment porté sur la situation politique au Niger et les pourparlers en cours avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

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