Il avait qualifié les récents événements de « tentative de coup d’État » ce samedi : le président Umaro Sissoco Embalo reprend fermement les rênes à Bissau, trois jours après des affrontements ayant semé la panique dans la capitale, la nuit du jeudi au vendredi 1er décembre. Ce lundi matin, le président bissau-guinéen a pris la décision de dissoudre le Parlement, largement dominé par l’opposition.
Une réunion du Conseil d’État a été convoquée au palais présidentiel, à l’initiative du président Umaro Sissoco Embalo, ce lundi matin. Parmi les membres de ce Conseil figurent les représentants des grands corps de l’État, le président de la Cour suprême, le président de l’Assemblée nationale, Domingos Simoes Pereira, le Premier ministre Geraldo Martins, ainsi que les leaders des partis politiques.
À l’ordre du jour : la dissolution de l’Assemblée nationale, annoncée ce lundi par le président Embalo, en réaction aux événements de la semaine dernière qu’il a qualifiés de « tentative de coup d’État ». Cette dissolution entraîne mécaniquement celle du gouvernement de cohabitation.
Cette option était largement envisagée, compte tenu des tensions persistantes depuis les élections législatives de l’été dernier. La cohabitation entre le chef de l’État et le Parlement d’opposition, victorieux au sein de la plate-forme de l’Alliance inclusive-Terra Ranka, s’est révélée être des plus difficiles et complexes. La tentative de coup d’État de la semaine passée, provoquée par l’interrogatoire de deux ministres de cette opposition par la police, illustre ces tensions.
Alors qu’ils étaient interrogés, des membres de la Garde nationale ont fait irruption dans les locaux de la police judiciaire jeudi soir dernier pour les libérer. Des affrontements ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi entre ces forces et les forces spéciales de la Garde présidentielle, retranchées dans une caserne du sud de la capitale Bissau, faisant au moins deux morts.
Pour le président Embalo, cette ingérence des forces de sécurité est intolérable, conduisant à sa décision de réinitialiser le paysage politique en organisant un nouveau scrutin législatif. Des élections anticipées visant à rétablir la sérénité et l’équilibre entre les pouvoirs législatif et exécutif.
Un décret présidentiel communiqué à la presse ce lundi indique : « La date des prochaines élections législatives sera fixée au moment opportun, conformément aux dispositions de la Constitution. » Le président Embalo dénonce la « complicité » entre la Garde nationale et « certains intérêts politiques au sein même de l’appareil d’État ».
Il ajoute : « Après cette tentative de coup d’État menée par la Garde nationale et devant les preuves fortes de l’existence de complicités politiques, le fonctionnement normal des institutions de la République est devenu impossible. Ces faits confirment l’existence d’une grave crise politique. »


