Le procureur a demandé une peine de 20 ans de détention incompressible, assortie de la confiscation de ses actifs, à l’encontre de l’ex-président. Il fait l’objet de poursuites pour enrichissement illégal, abus de pouvoir et blanchiment d’argent, avec des allégations selon lesquelles Mohamed Ould Abdel Aziz aurait accumulé un patrimoine et un capital évalués à 67 millions d’euros au moment de son inculpation en mars 2021.
C’est au terme d’un réquisitoire qui a duré près de trois heures que le procureur Ahmed Ould Moustapha a déclaré que « tous les éléments entre les mains de la justice prouvent la constitution d’un crime ». Il a donc requis 20 ans de prison ferme contre l’ancien président Mohamed Old Abdelaziz jugé, entre autres, pour enrichissement illicite. Il a aussi réclamé la confiscation de ses biens.
« Il mérite cela parce que les crimes sont très graves et très clairs. Les preuves sont accablantes. Toutes les preuves sont là pour qu’il obtienne la peine maximale. Un président de la République qui utilise des procédures pour s’enrichir et qui utilise les biens d’une association d’utilité publique pour se faire sa maison et acheter des immeubles, c’est un crime », commente Me Vadili Raiss, avocat de la partie civile.
Mais ce réquisitoire est vivement contesté par les avocats de la défense de l’ancien chef d’État. « Dans ce dossier, il n’y a que des auditions et nous n’estimons pas que des auditions peuvent permettre de relever des crimes économiques. C’est un dossier qui est monté de toutes pièces donc on s’attend à tout mais nous estimons que nous sommes suffisamment armés sur le plan juridique pour démanteler toutes les demandes qui fondent les réquisitions du parquet », assure Maître Taleb Kyar.
Le procureur a également demandé une peine de 10 ans de détention incompressible, entre autres, pour deux anciens premiers ministres et deux ex-ministres du président précédent. La prochaine phase du procès comprendra les plaidoiries de la défense, après quoi le juge prononcera son verdict définitif.


