En République démocratique du Congo (RDC), c’est une figure de l’histoire politique et religieuse qui s’est éteinte ce 18 octobre 2023. Ne Muanda Nsemi est mort ce mercredi à Kinshasa à l’âge de 77 ans. Le créateur et chef du mouvement politico-religieux des Bundu dia Kongo aura toute sa vie milité pour la création d’un État autonome comprenant les territoires de l’ancien royaume du Kongo. Ce qui lui vaut toute sa vie des relations très compliquées avec le pouvoir central.
Né à Luozi (ouest de la RDC) en 1946, Zacharie Badiengila de son vrai nom, se fait appeler Ne Muanda Nsemi, ce qui signifie « l’Esprit créateur » en kikongo, une langue dont il défendait l’utilisation.
Il fonde en 1969 les Bundu dia Kongo (BDK), un mouvement d’abord culturel et spirituel, qui devient officiellement un parti politique en 1986.
À la tête des BDK, Ne Muanda Nsemi milite pour l’autonomie du Kongo central. Ses discours prônant un séparatisme identitaire sont sources de tensions avec le pouvoir de Kinshasa.
Sous le régime de Joseph Kabila, il appelle à plusieurs reprises ses partisans à la révolte face aux forces de sécurité. Entre le 31 janvier et le 3 février 2007, plus d’une centaine de personnes meurent lors d’affrontements à Matadi, Boma et Muanda, dans l’Ouest de la RDC.
Élu député en 2006, puis réélu en 2011, Ne Muanda Nsemi voit son mouvement interdit en 2008.
Le leader politico-religieux avait même passé quelques mois en prison en 2017, dont il s’évade avec l’aide de partisans.
Ces dernières années, les relations de Ne Muanda Nsemi avec les autorités s’étaient réchauffées. Il avait d’ailleurs reçu la visite de plusieurs proches du président de la République, Félix Tshisekedi, dont il avait fini par supporter l’Union sacrée.
Les réactions à sa disparition sont mitigées. Certaines personnalités politiques congolaises, comme le député de Madimba, l’honorable Antoine Mangalibi Ghonda ont exprimé leurs condoléances, reconnaissant son influence dans le paysage politique de la RDC. Cependant, d’autres ont vu dans sa mort une opportunité de tourner une page sombre de l’histoire congolaise et de promouvoir une politique plus inclusive et pacifique.
Il est important de noter que le mouvement Bundu Dia Mayala devra faire face à un défi majeur dans les mois à venir : trouver un nouveau leader capable de maintenir l’unité et l’influence du groupe après la mort de Ne Muanda Nsemi.
La mort de Ne Muanda Nsemi marque la fin d’une époque politique en République démocratique du Congo. Son héritage complexe sera débattu et analysé par les générations futures, tandis que le mouvement qu’il a fondé devra trouver un nouveau chemin dans le paysage politique congolais.

